Chauder

Peindre ;  L’acte

Le premier geste crée une arborescence de voies, d’accès à pénétrer dans un flot de pensées ardentes , sans réflexions tâtonnantes , la main seule précède et ouvre cette exploration.

Parler de cette solitude à sonder l’ETRE… ce « je suis » au long de nuits et de jours infertiles, cette excitation de la découverte d’un chemin de lumière né du geste, du trait, de la tache, des vibrations de l’inerte….. me font flotter vers         une nouvelle solitude…

Dois-je dénuder, disséquer mon âme, fouiller ma personnalité afin d’en extirper les contours d’une non-réponse. Comment expliquer cette obsession, cette respiration, nécessaires à ma survie, ma survivance afin de vivre ma mort.

Si peindre est la verticalité de l’esprit ,cette inaccessibilité est ma substance régénératrice, la luminescente trace de mes possibles inatteignables.

Cette foi est la demeure de mon utopie,le lien poétique qui transfigure la marche de ce passage de « vie ».

L’énigmatique durée de ce temps dans la création de  l’imprononçable motive l’hypothétique fusion entre être et exister.

Dans cette ascension épuisante, incertaine, se dévoile le contenu des pensées intuitives, des incompréhensions, d’ indéfinissable malaise devant cette immensité , c’est aussi apprendre le précaire de l’existant dans le regard , les gestes acquis du sensible, dans l’ informelle ardeur à transcrire le discours contradictoire de la picturalité. Réécrivant ce qui est enseveli dans les interstices de la matière, un jeu « jusqu’au-boutiste » de l’accomplissement à être.

J’ai intitulé une série de toiles : « aux marges du discible » ce titre est la clé d’accès à une réflexion sur « la marge de la marge », étroite limite qui sépare l’œuvre de l’extérieur de l’œuvre. Je m’intéresse à cette zone qui situe le créateur exactement à cet endroit… sur le bord du tableau, ni dedans, ni dehors, toujours en équilibre entre deux mondes.

                                                                                                                  Guy-Paul CHAUDER 2016